La Réunion c'est bien mais c'est une tout autre affaire quand rien ne marche au boulot.
Je trouve que mon travail est assez simple, il faut installer différents types de machines et s'arranger pour qu'elles parlent les unes aux autres. C'est bien sur plus compliqué et cela apparaît toujours lorsque ces gentilles machines décident de ne plus marcher comme elles devraient. Je suis revenu a La Réunion pour augmenter les capacités et les possibilités offertes par les machines et je dois pour cela changer le logiciel qu'elles utilisent. Ce type d'opération se passe généralement la nuit parce que la majorité des clients sont aux lits et n'utilisent pas leur téléphones. Je commence donc souvent a travailler vers 23h et me retrouve au lit a 3 ou 4 heures du matin si j'ai de la chance et beaucoup plus tard si ça n'est pas le cas.
Les choses se passent en général de la façon suivante:
on arrive sur le site
on vérifie que tout marche bien avant nos modifications (comme ça si un truc ne marche pas après on sait que c'est notre faute)
on modifie ce qu'il y a a modifier
on vérifie que tout marche bien après nos modifications
si tout s'est bien passé on rentre se coucher
s'il y a un problème on cherche une solution
si a 5 heures on a pas de solution on enlève les modifications en espérant que cela supprimera le problème
si le problème est toujours présent une fois les modifications retirées c'est la merde
De manière générale les problèmes apparaissent juste après les modifications mais il arrive qu'ils soient sournois.
Il est par exemple arrivé qu'un problème apparaisse 21 heures après la modification. Dans ces cas la j'ai le bonheur de passer ma soirée au téléphone et devant mon ordinateur pour essayer de rendre la situation normale.
Il est aussi arrivé qu'un client se plaigne d'un problème mais soit incapable de nous dire depuis quand celui ci est apparu (savoir quand le problème est apparu nous permet de vérifier ce que nous avons modifié ce jour la). Nous allons faire des vérifications et ne rien remarquer, pour nous cela veut dire que le gars ne sait pas utiliser son téléphone. Le client va pourtant insister, insister, insister et à chaque fois nous allons lui répéter que nous ne voyons rien d'anormal. A force d'insistance nous allons finalement voir qu'il avait raison, il était le seul à avoir ce problème et nous n'aurions rien vu sans son insistance.
Le meilleur des cas c'est quand après avoir fait une modification une nuit tu arrives le lendemain avec un ou plusieurs mails comportant des diagrammes te montrant que tout se passait bien avant et que c'est le bordel depuis tes modifications. Dans certains cas c'est tellement grave qu'on ne peut pas attendre la nuit pour tout recharger et dans d'autres tu te tapes une nuit supplémentaire pour retirer le boulot de la veille.
La palme va à la modification qui génère 3 ou 4 problèmes différents et donnent l'impression de ne pas avoir la même origine. Avec ce cas la vous avez droit à de longues soirées devant votre écran couplées à de nombreux mails et appels téléphoniques pour expliquer aux personnes sensées vous aider ce qui vous avez fait avant que les ennuis commencent.
Je peux vous dire que ça fait du bien quand ça se calme. Ça arrivait à un point ou on vient vous voir des qu'il y a le moindre problème même s'il n'a aucun lien et vous commencez à vous demander si vous allez arriver à faire tout ce que vous êtes venu faire. Après 2 mois difficiles, le calme est revenu et j'ai plus d'énergie pour profiter de la plage.
Il y a quelques jours je suis allé faire une balade a vélo que je ne suis pas prêt d’oublier.
Départ a 7h du matin pour aller jusqu’a la route du volcan. Une fois sur la route du volcan, on laisse la voiture en court de route et on se met en scelle. Il fait très beau, le piton des neiges n’est pas encore couvert par les nuages, j’ai mis ma polaire parce qu’il fait un peu frais. La balade commence à un rythme tranquille, j’essaye de ne pas aller trop vite car je sais que la route est longue et je veux garder des forces. Très vite je me rends compte que sur la route j’ai du mal dès que l’inclinaison commence à augmenter. Alors que je roulais au départ en utilisant le plateau du milieu et la 4eme vitesse, je me retrouve sur le grand plateau à la vitesse 1. Je n’ai pas l’habitude de faire du vélo sur de longue distance, j’essaye d’avancer aussi lentement que possible pour ne pas fatiguer mes cuisses trop vite: a certains moment j’avance tellement lentement que j’ai du mal à aller droit.
Dans les lacets, mes cuisses me font tellement mal que je fais un arrêt a chaque virage pour les reposer. Pendant tout le chemin je me donne des mini objectifs à atteindre pour continuer à avancer. Les seuls fois ou je fais du vélo, je suis sur un Velib ou bien je suis en train de descendre du Maïdo en VTT. Une fois arrivé au pas de sable c’est la libération. Il ne reste plus qu’a descendre les derniers lacets qui mènent à la plaine des sables mon endroit préféré sur cette planète. On s’est fait une petite session de boomerang, j’étais aux anges avec ce petit moment de détente. Faire du boomerang à la plaine des sables est ma troisième activité préférée après la plongée et la randonnée VTT. Cette fois ci j’ai attrapé le boomerang 2 fois, espérons que je serais encore plus efficace la prochaine fois. On finit la balade pour arriver au pas de bellecombe, on est sur une piste et on se mange toute la poussière soulevée par les voitures pendant que l’on essaye d’éviter les ornières.
Sur le retour c’est plus tranquille vu qu’il y a plus de pente que de côte mais il faut se taper la super côte qui permet de sortir de la pleine des sables. L’allée m’avait déjà bien tué les cuisses je n’avais plus d’énergie pour monter ce type de côte sans m’arrêter pour reposer mes cuisses à chaque virage. Sur le chemin du retour je me suis rendu compte que je peux rouler sans soucis quand l’inclinaison de la côte est faible mais que je perds mon énergie très vite dès que l’inclinaison augmente. Quand je me trouvais dans les descentes je me disais toujours « et dire que j’ai monté tout ça! ». Les nuages se sont installés et il y avait un léger crachin pas désagréable, en continuant la descente le léger crachin s’est transformé d’un seul coup en une bonne pluie qui m’obligeait à descendre beaucoup moins vite si je ne voulais pas faire une sortie de route. Le changement de la force de pluie me donnait vraiment l’impression d’avoir passé une sorte de porte invisible. Je sentais que j’arrivais à la fin du trajet et me suis rappelé qu’on avait commencé la balade par une pente, il fallait donc finir par une côte! Je pensais que la côte allait être courte mais elle ne voulait vraiment pas finir, je ne compte pas le nombre de fois ou je me suis arrêté pour reposer mes pauvres cuisses. A certains moments j’avais l’impression de m’arrêter tous les 5 ou 10 coups de pédale. Je suis finalement arrivé a notre point de départ, en tout nous avons roulé 32km et on s’est tapé un peu plus 300 m de dénivelé positif.
Imaginez que vous êtes au spectacle de cirque PFFFFFFF de la compagnie Akoreacro. La musique qui accompagne le spectacle est en majorité du Jazz Manouche quand tout d'un coup 2 des artistes sur scène font ceci.
J'ai vu ce spectacle vendredi dernier et il m'a tellement plu que je l'aurais revu cette semaine s'il n’était pas complet, je le recommande.
En dehors des douanes lorsque je voyage, j’ai rarement de contact avec les forces de l’ordre mais lorsque cela arrive c’est toujours mémorable.
Mercredi dernier je rentrais chez moi sur mon scooter a Cap La Houssaye lorsque 2 agents de police sur le bord de la route me firent signe de me garer. Une fois à l’arrêt un des agents s’approcha et me dit « qu’est ce que vous me donnez ? ». Il semblait que dans sa tête s’il m’arrêtait je devais lui donner quelque chose, comme j’étais de bonne humeur j’ai répondu « les papiers du scooter » et les lui ai présenté. Pendant qu’il vérifiait les papiers il me demanda « vous avez une pièce d’identité ? » « non... ah si j’ai une photocopie de mon passeport » Je lui tendis, il la regarda et me dit « vous êtes de quelle nationalité ? » Je déteste les questions stupides alors je répondis « c’est marqué sur le papier », il finit de regarder le papier et me le rendit. Visiblement pas satisfait il me dit « vous savez votre papier ne vaut rien » « si vous n’êtes pas satisfait vous me suivez chez moi et je vous montre mon passeport » « ça n’est pas comme ça que ça marche vous devez avoir vos papiers à tout moment », c’était bien sur faux mais il était policier et il savait tout beaucoup mieux que tout le monde. « J’ai toujours une photocopie de mon passeport sur moi et ça n’a jamais dérangé personne avant vous » « ben si vous le prenez comme ça la prochaine fois vous irez au poste et ça sera la totale ». Je ne savais pas de quel totale il parlait mais la loi est claire dans le cas ou il ne pouvait pas déterminer mon identité sur le lieu du control il pouvait me ramener au poste et me fournir les moyens de prouver mon identité: rentrer le code de mon passeport dans son ordinateur l’aurait fait en 2 secondes ou me permettre de contacter une personne pour confirmer mon identité (pas la peine que cette personne apporte un document me concernant, seul son témoignage est suffisant). Le code de procédure pénale est très clair, il pouvait me retenir au maximum 4 heures et me relâcher; il n’y a aucune mention de totale dans le code de procédure pénale. Il m’a donc laissé partir en me disant que la prochaine fois ça serait différent pour moi et moi lui disant que je n’allais pas me balader avec mon passeport. Voici donc un bel échange avec un représentant de l’ordre ou comment faire chier son monde parce que l’on a rien d’autre à faire.
Rien de mieux qu’une bonne plongée pour se remettre les idées en place.
Samedi matin j’ai fait une plongée a la Passe de l’Ermitage, c’est un très bon spot de plongée ou l’on voit souvent des tortues. Ma dernière plongée datait d’il y a 4 mois, j’avais hâte d’y retourner depuis mon retour a La Réunion mais beaucoup de plongées avaient été annulées a cause de la houle. Bien que les activités nautiques soient interdites à cause des requins, les plongées sont toujours autorisées car les requins n’aiment pas le bruit des bulles que les plongeurs font quand ils respirent. On a eu la chance de croiser une baleine avec son petit peu avant d’arriver au spot de plongée. Ceux qui n’avaient pas oublié leur appareil photo se sont vite mis à l’eau pour essayer de faire un beau cliché. La maman et son petit ne se sont pas laissé aisément approcher, alors qu’ils se trouvaient a l’avant de notre bateau il leur a fallu très peu de temps pour passer sous le bateau et ressortir de l’eau derrière nous c’était très impressionnant.
Lorsque la plongée a commencée j’ai très vite retrouvé les sensations que j’aime tant lorsque je suis sous l’eau. On a croisé 6 ou 7 tortues, certaines farouches d’autres un peu moins; la Passe de l’Ermitage est connu pour être un endroit ou l’on croise des tortues. La plongée s’est déroulée à merveille, ça me changeait de ne pas avoir mon appareil photo avec moi. Pour finir nous nous sommes dirigés vers la barrière de corail afin de voir des raies aigle, elles aiment la zone ou les vagues viennent s’abattre sur le corail. Au fur et à mesure que nous approchions je pouvais sentir la force du courant augmenter, nous étions dans une sorte de canyon qui nous protégeait en partie mais lorsque nous avons vu les raies aigle nous nous sommes trop approchés pour les voir de près et avons été emporté par le courant. La balade aquatique s’est tout d’un coup transformée en mission de survie. Nous nous étions retrouvés dans la zone ou le corail forme un plateau, au dessus de nous les vagues se formaient et se brisaient avec force, il y avait au maximum 2 mètres d’eau entre le plateau et la surface. Le courant était surpuissant, sortir la tête de l’eau signifiait se prendre des litres d’eau sur la tête il ne restait donc qu’a sortir de la zone en restant immergé. Nous étions baladés devant et derrière, il fallait toujours attendre le bon moment pour palmer sans trop se fatiguer. Lorsque le courant est fort il est recommandé de s’agripper aux coraux et de se hisser dans la direction ou l’on veut aller. Cette technique m’a permis d’avancer un peu plus vite dans certains cas mais le courant était tellement fort que je me suis retrouvé trainé en arrière en étant incapable de rester accroché à quoi que ce soit mes pauvres doigts essayant désespérément de tenir a quelque chose. A un moment le courant était tellement violant que le moniteur de plongée et moi nous sommes tenus la main afin de nous entraider. Nous nous sommes regardés et n’avions vraiment pas besoin de nous dire a quel point nous avions peur. Il s’assurait toujours que j’allais bien, étonnamment ma respiration restait aussi régulière que pendant le début de la plongée bien que mon cœur battait à 100 à l’heure. Nous sommes finalement sortis de la zone de turbulence et sommes retournés à notre bateau ou nous sommes montés après avoir effectué le palier réglementaire. Je pense que nous sommes restés bloqués dans cette zone 3 ou 4 minutes qui nous ont paru une éternité. J’avais eu un mal de tête énorme et je l’ai gardé pendant presque toute la journée. Nous nous sommes tous regardé une fois sortie de l’eau et avons bien sur parlé de ce qui nous passait dans la tête quand nous étions pris dans les courants. J’ai vraiment été très étonné et en même temps très content de ne pas avoir été pris de panique, je pense que c’est une expérience que je ne vais jamais oublier. Le moniteur nous a dit qu’il n’avait jamais été pris dans de tels courants et il a ajouté que s’il le pouvait il me donnerait le niveau 2 sans examen. Voila une bonne façon de reprendre la plongée à La Réunion!