Le 31 Décembre je suis allé à la Plaine des Palmistes et c'est la que je l'ai rencontré.
Rien de mieux qu'une bonne salade de palmiste pour terminer l'année, direction donc la propriété Payet dans la plaine des palmistes pour s'approvisionner. Mr Payet nous accueille et nous fait visiter la ou il passe ces journées, la plantation de palmiste est tellement grande qu'elle fournit environ 4 tonnes par an. Il cultive du palmiste rouge qui est endémique à La Réunion, du palmiste blanc originaire de l'ile Maurice et du palmiste royale dont je ne connais pas. Nous sommes venus récupérer des palmistes rouges, je les préfère aux blancs car je trouve que les rouges ont un goût plus subtil. Les blancs ont pourtant un avantage énorme pour le consommateur: ils ne s'oxyde jamais. Le Palmiste rouge est très sensible a l'azote dans l'air, lorsque l'on veut en faire en salade il faut se hâter de séparer la partie supérieur du palmiste et la préparer. Si vous ne vous dépêchez pas la belle chaire blanche gorgée d'eau a 80% va commencer a noircir, cella ne change pas le goût mais c'est beaucoup moins joli dans l'assiette. Vous pouvez voir comment on extrait la partie comestible d'un palmiste de son écorce ci dessous. En plus de ne jamais s'oxyder les palmistes blancs créent de nouvelles pousses quand on les coupe et nécessitent 3 mois pour atteindre la bonne taille au contraire des rouge que l'on doit replanter après la coupe et qui ont besoin de 3 ans pour atteindre la maturité.
Avant de repartir nous sommes tombés sur un jacquier, a première vue ses fruits ressemblent a des durians mais ils ne sentent pas du tout pareil heureusement. Mr Payet s'approche d'un jacque, attrape sa machette et tranche la queue du fruit d'un coup sec; il se retourne ensuite vers nous et nous dit que le fruit est mûr et que nous pouvons le prendre. Je le remercie, me penche pour attraper le fruit tombé a terre et me redresse plus difficilement que je ne l'aurais pensé, le fruit pèse facilement 10kg (il peut peser jusqu'à 25kg).
De Retour a l'appartement c'est le moment de s'attaquer a la bête. Il va falloir couper pour récupérer les gousses qui se mangent. C'est la première fois que je coupe ce fruit et je ne sais pas du tout a quoi m'attendre. Je commence donc a couper un carré dans le fruit et a l'éplucher; je découvre un enchevêtrement de gousses et de filaments collés les uns aux autres. Je plonge mes doigts dans le fruit pour en retirer une gousse et vérifier que je vais manger la bonne partie. Les gousses sont bien fixées a l'intérieur du fruit, la gousse se déchire si je tire dessus. Je goute, c'est sucré ça n'a pas énormément de goût mais c'est bon. Je fais un deuxième essai en tenant bien la base de la gousse et en tirant d'un coup sec pour la retirer, cette fois ci j'ai une belle gousse toute couverte de filaments clairs qui ressemblent a des tagliatelles. Je commence a retirer plus de gousses et après un moment je me rends compte que j'ai une pellicule collante qui s'est déposé sur mes mains. La sève du jacquier est extrêmement collante et les filaments qui composent son fruit sont plein de sève. Il m'a fallu que je me lave les mains 5 fois pour retirer la majorité de la colle. Ici la sève a un nom la colle jacque, elle servait il y a longtemps a attraper les oiseaux. Pour ne pas être embêté par la sève, il faut tremper ses mains ainsi que le couteau que l'on va utiliser pour ouvrir le jacque dans de l'huile.
Le jacque fait parti de ces fruits de La Réunion qui ne sont pas fort en goût mais sont tout de même très bons, n'hésitez pas a y gouter si vous en avez la possibilité.
Bonne Année 2012.
Maintenant que j'ai moins de boulot quoi de mieux que d'aller au Piton des Neiges!
On est parti de Cilaos jeudi et des le départ nous avons eu droit a une fine pluie pour nous accompagner. La randonnée vers le Piton des Neiges peut se faire en une ou deux parties: dans un cas on grimpe environ 5 heures avec un dénivelé positif de 1700 mètres, dans l'autre on grimpe environ 3 heures avec un dénivelé positif de 1100 mètres on fait une pause au gite du piton pour la nuit et on repart vers 3h du matin pour grimper les 600 mètres de dénivelé restant. Nous avons opte pour la deuxième option. Il n'y a que de la montée pendant toute la randonnée et les rares moments de plat sont très très courts. Le début de la randonnée est très agréable, on se trouve dans une foret qui est très paisible mais les marches faites dans le sol pour éviter que le sentier soit trop glissant peuvent très vite avoir raison du randonneur. Comme je ne suis pas un randonneur aguerri il me faut un peu de temps afin que mon corps se chauffe et que je sois capable de bien marcher, en général marcher sur du plat ou une légère inclinaison fait très bien l'affaire. Dans ce cas précis le fait de devoir fournir un effort permanent pour monter le long de chemin qui nous amène au col permettant de rejoindre le Piton des Neiges m'a très vite coupé les jambes. Pendant que nous marchions nous ne pouvions même pas profiter du paysage car les nuages étaient descendus dans le cirque et bloquaient la vue tout en apportant la pluie. J'ai très vite ralenti mon rythme de marche des que j'ai commencé a sentir mon cœur battre beaucoup trop fort, de même que lorsque j'avais fait du vélo sur la Route du Volcan, j'allais aller très doucement pour m'assurer d'arriver au bout.
Je ne voulais pas réaliser d'exploit juste atteindre l'objectif du jour qui était le gite du Piton des Neiges. Je marchais donc doucement derrière mes camarades en faisant des petits pas, mon poncho sur la tête et les yeux rivés sur le sol afin de ne pas me démotiver. Mes collègues avaient un très bon rythme mais pas question d'essayer de les suivre sous peine de ne pas tenir la route longtemps. Je me suis arrêté a chaque fois que j'en ai éprouvé le besoin tout en essayant de ne pas le faire trop souvent. Petit a petit nous avons monté le long du chemin qui mène au gite et sommes arrivés après 3 heures de marche, nous avons marché 8 km. Il pleuvait toujours lorsque nous sommes arrivés, nous étions trempes aussi bien par la pluie que par la sueur mais quel bonheur d'être arrivé! On se change, on se réchauffe, on mange un bon petit rougail saucisse et on se met au lit car demain on se lève a 2h30 du matin.
Je n'ai pas dormi de la nuit, je ne sais vraiment pas pourquoi. J'avais bien chaud sous mes 2 couvertures, j'en ai même retiré une pendant la nuit, je dors généralement n'importe ou mais cette fois j'ai bien eu le temps de compter les moutons et de me chanter des chansons. Du coup le réveil a 2h30 n'a pas été trop dur a l'inverse du départ dans le noir et sous la pluie pour aller au Piton des Neiges. Lampes frontales sur le front nous sommes donc parti en direction du Piton sur un chemin composé uniquement de cailloux. En général marcher sur des cailloux c'est chiant mais imaginez sous la pluie, en manque de sommeil et a la seule lumière de la lampe. J'avais peur de me tordre la cheville pendant tout le trajet, les pierres étaient glissantes et la fatigue n'aidaient pas. Comme d'habitude lorsque je fais de la randonnée et que c'est dur je me dis « je hais la randonnée mais je suis la alors autant aller jusqu'au bout » et c'est vrai je hais la randonnée mais c'est le prix a payer pour aller voir des paysages exceptionnels. Après une petite heure de marche je lève la tête et me rends compte qu'il ne pleut plus et surtout que je peux voir les étoiles. La possibilité de voir le lever du soleil au sommet sans qu'il soit caché par les nuages me mets de très bonnes humeur. Nous sommes a la moitié du trajet, je suis très fatigué mais j'y suis presque. 20 minutes plus tard nous sommes a nouveau dans les nuages c'est la déception, le sommet approche et ça serait dommage qu'il soit totalement dans les nuages. 15 minutes avant d'arriver au sommet c'est la récompense, nous sommes passés au dessus des nuages et nous allons avoir notre lever du soleil.
Nous sommes arrivés 30 minutes avant le lever du soleil. Attendre dans le vent et le froid que le soleil se lève quand on est trempé de sueur est un bonheur mais cela valait bien sur le coup. Nous avions une mer de nuage devant nous ou l'on pouvait voir le Piton de la Fournaise. Le soleil s'est levé derrière le volcan, nous l'attendions avec impatience pour nous éclairer et surtout nous réchauffer. Le bonheur après la galère, nous avons bien profité du soleil avant de redescendre vers le gite. Voilà une chose de moins a faire a La Réunion: j'étais sur le point le plus haut de La Réunion pour voir le soleil se lever et je peux vous assurer que je ne vais pas le refaire de si tôt.
La Réunion c'est bien mais c'est une tout autre affaire quand rien ne marche au boulot.
Je trouve que mon travail est assez simple, il faut installer différents types de machines et s'arranger pour qu'elles parlent les unes aux autres. C'est bien sur plus compliqué et cela apparaît toujours lorsque ces gentilles machines décident de ne plus marcher comme elles devraient. Je suis revenu a La Réunion pour augmenter les capacités et les possibilités offertes par les machines et je dois pour cela changer le logiciel qu'elles utilisent. Ce type d'opération se passe généralement la nuit parce que la majorité des clients sont aux lits et n'utilisent pas leur téléphones. Je commence donc souvent a travailler vers 23h et me retrouve au lit a 3 ou 4 heures du matin si j'ai de la chance et beaucoup plus tard si ça n'est pas le cas.
Les choses se passent en général de la façon suivante: on arrive sur le site on vérifie que tout marche bien avant nos modifications (comme ça si un truc ne marche pas après on sait que c'est notre faute) on modifie ce qu'il y a a modifier on vérifie que tout marche bien après nos modifications si tout s'est bien passé on rentre se coucher s'il y a un problème on cherche une solution si a 5 heures on a pas de solution on enlève les modifications en espérant que cela supprimera le problème si le problème est toujours présent une fois les modifications retirées c'est la merde De manière générale les problèmes apparaissent juste après les modifications mais il arrive qu'ils soient sournois.
Il est par exemple arrivé qu'un problème apparaisse 21 heures après la modification. Dans ces cas la j'ai le bonheur de passer ma soirée au téléphone et devant mon ordinateur pour essayer de rendre la situation normale. Il est aussi arrivé qu'un client se plaigne d'un problème mais soit incapable de nous dire depuis quand celui ci est apparu (savoir quand le problème est apparu nous permet de vérifier ce que nous avons modifier ce jour la). Nous allons faire des vérifications et ne rien remarquer, pour nous cela veut dire que le gars ne sait pas utiliser son téléphone. Le client va pourtant insister, insister, insister et a chaque fois nous allons lui répéter que nous ne voyons rien d'anormal. A force d'insistance nous allons finalement voir qu'il avait raison, il était le seul a avoir ce problème et nous n'aurions rien vu sans son insistance. Le meilleur des cas c'est quand après avoir fait une modification une nuit tu arrives le lendemain avec un ou plusieurs mail comportant des diagrammes te montrant que tout se passait bien avant et que c'est le bordel depuis tes modifications. Dans certains cas c'est tellement grave qu'on ne peut pas attendre la nuit pour tout recharger et dans d'autres tu te tapes une nuit supplémentaire pour retirer le boulot de la veille. La palme va a la modification qui génère 3 ou 4 problèmes différents et donnent l'impression de ne pas avoir la même origine. Avec ce cas la vous avez droit a de longues soirées devant votre écran couplés a de nombreux mails et appels téléphoniques pour expliquer aux personnes sensées vous aider ce qui vous avez fait avant que les ennuis commencent.
Je peux vous dire que ça fait du bien quand ça se calme. Ça arrivait a un point ou on vient vous voir des qu'il y a le moindre problème même s'il n'a aucun lien et de l'autre vous commencez a vous demandez si vous allez arriver a faire tout ce que vous êtes venu faire. Après 2 mois difficiles, le calme est revenu et j'ai plus d'énergie pour profiter de la plage.
Il y a quelques jours je suis allé faire une balade a vélo que je ne suis pas prêt d’oublier.
Départ a 7h du matin pour aller jusqu’a la route du volcan. Une fois sur la route du volcan, on laisse la voiture en court de route et on se met en scelle. Il fait très beau, le piton des neiges n’est pas encore couvert par les nuages, j’ai mis ma polaire parce qu’il fait un peu frais. La balade commence à un rythme tranquille, j’essaye de ne pas aller trop vite car je sais que la route est longue et je veux garder des forces. Très vite je me rends compte que sur la route j’ai du mal dès que l’inclinaison commence à augmenter. Alors que je roulais au départ en utilisant le plateau du milieu et la 4eme vitesse, je me retrouve sur le grand plateau à la vitesse 1. Je n’ai pas l’habitude de faire du vélo sur de longue distance, j’essaye d’avancer aussi lentement que possible pour ne pas fatiguer mes cuisses trop vite: a certains moment j’avance tellement lentement que j’ai du mal à aller droit.
Dans les lacets, mes cuisses me font tellement mal que je fais un arrêt a chaque virage pour les reposer. Pendant tout le chemin je me donne des mini objectifs à atteindre pour continuer à avancer. Les seuls fois ou je fais du vélo, je suis sur un Velib ou bien je suis en train de descendre du Maïdo en VTT. Une fois arrivé au pas de sable c’est la libération. Il ne reste plus qu’a descendre les derniers lacets qui mènent à la plaine des sables mon endroit préféré sur cette planète. On s’est fait une petite session de boomerang, j’étais aux anges avec ce petit moment de détente. Faire du boomerang à la plaine des sables est ma troisième activité préférée après la plongée et la randonnée VTT. Cette fois ci j’ai attrapé le boomerang 2 fois, espérons que je serais encore plus efficace la prochaine fois. On finit la balade pour arriver au pas de bellecombe, on est sur une piste et on se mange toute la poussière soulevée par les voitures pendant que l’on essaye d’éviter les ornières.
Sur le retour c’est plus tranquille vu qu’il y a plus de pente que de côte mais il faut se taper la super côte qui permet de sortir de la pleine des sables. L’allée m’avait déjà bien tué les cuisses je n’avais plus d’énergie pour monter ce type de côte sans m’arrêter pour reposer mes cuisses à chaque virage. Sur le chemin du retour je me suis rendu compte que je peux rouler sans soucis quand l’inclinaison de la côte est faible mais que je perds mon énergie très vite dès que l’inclinaison augmente. Quand je me trouvais dans les descentes je me disais toujours « et dire que j’ai monté tout ça! ». Les nuages se sont installés et il y avait un léger crachin pas désagréable, en continuant la descente le léger crachin s’est transformé d’un seul coup en une bonne pluie qui m’obligeait à descendre beaucoup moins vite si je ne voulais pas faire une sortie de route. Le changement de la force de pluie me donnait vraiment l’impression d’avoir passé une sorte de porte invisible. Je sentais que j’arrivais à la fin du trajet et me suis rappelé qu’on avait commencé la balade par une pente, il fallait donc finir par une côte! Je pensais que la côte allait être courte mais elle ne voulait vraiment pas finir, je ne compte pas le nombre de fois ou je me suis arrêté pour reposer mes pauvres cuisses. A certains moments j’avais l’impression de m’arrêter tous les 5 ou 10 coups de pédale. Je suis finalement arrivé a notre point de départ, en tout nous avons roulé 32km et on s’est tapé un peu plus 300 m de dénivelé positif.
Imaginez que vous êtes au spectacle de cirque PFFFFFFF de la compagnie Akoreacro. La musique qui accompagne le spectacle est en majorité du Jazz Manouche quand tout d'un coup 2 des artistes sur scène font ceci.
J'ai vu ce spectacle vendredi dernier et il m'a tellement plu que je l'aurais revu cette semaine s'il n’était pas complet, je le recommande.